De plus en plus de précarité dans l’enseignement supérieur et la recherche

Les personnels précaires veulent se faire entendre durant les Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche. Un rassemblement est organisé ce lundi 26 novembre devant le Collège de France où se tiendront ces assises nationales.

Le nombre de précaires dans l’enseignement supérieur n’a cessé d’augmenter au cours de la dernière décennie. Dans les universités et les organismes de recherche, des dizaines de milliers de chargés de recherche, d’ingénieurs d’étude, de techniciens de laboratoire, d’enseignants ou encore d’administratifs travaillent avec des contrats précaires (CDD, vacations, etc.).

Quelque 50.000 précaires

Bien qu’aucun recensement global ne soit effectué, le collectif Sauvons la Recherche estime le nombre de personnes concernées à 50.000, un chiffre en constante augmentation.

Le recours massif à l’emploi précaire est une des conséquences de la réforme de l’enseignement supérieur et la recherche. Désormais, les laboratoires obtiennent une part importante de leur financement auprès de l’Agence nationale pour la recherche (ANR) qui alloue des crédits à des projets limités dans le temps. Les laboratoires recourent donc à des CDD dont la durée correspond à celle des financements.

De plus, l’autonomie accordée aux universités pour la gestion de leur masse salariale a accru l’emploi précaire. Face à la contrainte budgétaire, les établissements ont tendance à préférer contrats précaires, heures supplémentaires et vacations que la création d’emplois pérennes.

Postes gelés dans les universités

Selon plusieurs syndicats, des contrats précaires se sont substitués à des postes de titulaires. Le Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup) estime ainsi que 1.500 emplois ont été gelés et plus de 3.000 ont été supprimés depuis 2008.

CDD non renouvelés

La loi Sauvadet du 12 mars 2012 votée dans le but de lutter contre la précarité dans la Fonction publique, ouvre droit à la titularisation, sous certaines conditions, pour les personnes ayant effectué un certain nombre de CDD. Pour éviter de tomber sous le coup de la loi, des CDD ne sont plus renouvelés alors même que les financements existent, dénoncent de nombreux observateurs, alors que les collectifs de non-titulaires dénoncent les « effets pervers » de la loi.

Plan d’action du ministère

Le ministère a annoncé mercredi dernier un « plan d’action » pour la résorption de l’emploi précaire. Il a dénombré 8.400 agents en CDD éligibles à la titularisation et 1.400 dans les organismes de recherche.

Les syndicats ont salué ces « avancées » mais regrettent que les personnels les plus qualifiés (ingénieurs de recherche, chercheurs, enseignants-chercheurs et agrégés) en soient écartés.



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