Filles / garçons : disparité d’orientation et ségrégation professionnelle

Les filles réussissent mieux à l’école que les garçons : elles achèvent leur scolarité plus diplômées que les garçons : 25 % des femmes de 25 à 34 ans ont un diplôme supérieur à bac +2 contre 19 % des garçons du même âge (source : enquête emploi de l’INSEE, 2006). Cependant, à profil identique, ce sont bel et bien les hommes qui évoluent le plus rapidement.


Même si les filles représentent désormais 47,3 % des bacheliers de la série S (chiffres de 2007), elles optent moins souvent que les garçons pour les filières les plus sélectives comme les classes préparatoires aux grandes écoles (10 % des filles contre 13 % des garçons). Elles choisissent plutôt des études longues à l’université et se tournent encore moins que les garçons vers les filières scientifiques.

Les femmes représentent 56,7 % des étudiants en université, elles sont très majoritaires en lettres (+ de 70 %), très présentes en droit, sciences humaines et dans les formations de santé. On les retrouve à part égale en sciences économiques et gestion. Elles sont au contraire très peu présentes dans les filières scientifiques (un quart des effectifs) sauf quand il s’agit des sciences de la vie et de la terre.

En ce qui concerne les écoles d’ingénieurs, les femmes sont faiblement représentées même si elles sont de plus en plus présentes. Leur place y est en progression, de façon lente mais continue. On compte désormais 25 % de femmes parmi les diplômés alors qu’elles ne représentaient que 15 % des effectifs en 1985.

Dans les formations professionnelles courtes, 80 % des filles sont concentrées sur quatre spécialités qui relèvent toutes de l’économie de service : le commerce, le secrétariat, la comptabilité et le secteur sanitaire et social. Elles sont, en revanche, quasiment absentes des sections industrielles et globalement du secteur de la production.

Dans une première étape, filles et garçons suivent des formations initiales diverses, ce qui engendre une répartition différente selon les professions.
Puis, dans une seconde étape, sur le marché du travail, la répartition est influencée par d’autres mécanismes indépendants de la qualification scolaire acquise : représentation des métiers, rejet de certaines conditions de travail, autocensure dans l’accès à certaines fonctions, contraintes familiales et géographiques…
Il y a des métiers de femmes, vers lesquels les hommes ne veulent pas aller et des métiers d’hommes vers lesquels les jeunes filles ne se tournent pas, bien qu’ils soient plus valorisés et rémunérateurs.
Les professions où les effectifs masculins et féminins s’équilibrent à peu près (autour de 50 %) représentent moins de 2 % de l’emploi total. Trois groupes professionnels y dominent : les formateurs et éducateurs ; les patrons d’hôtel, café, restaurants ; les professionnels du droit.
Une fois dans l’emploi, les évolutions de carrière ne se font pas de manière identique entre hommes et femmes, ces dernières accédant moins souvent que les hommes à des postes de responsabilité ou de direction.

Le cinquième rapport de la Commission européenne sur l’égalité entre les femmes et les hommes pour 2008 insiste une nouvelle fois sur la nécessité, pour réaliser une égalité effective des hommes et des femmes, d’accorder une attention particulière à la lutte contre les stéréotypes dans l’éducation, l’emploi et les médias et ce dès le plus jeune âge.

Informations issues du rapport d’activité n°1295 de l’Assemblée Nationale « AU NOM DE LA DÉLÉGATION AUX DROITS DES FEMMES ET À L’ÉGALITÉ DES CHANCES ENTRE LES HOMMES ET LES FEMMES » (Juillet 2007 – Novembre 2008)



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