« Métiers porteurs d’emploi » – Enquête AJE 2008

Jeunes et entreprises, une alliance impossible ?

Réalisée par l’IPSOS pour l’AJE entre février et avril 2008, l’enquête est un dialogue croisé entre les lycéens (classes de 1ère générale, BTS ou CFA) et les chefs d’entreprises.

Voici les principaux enseignements de l’enquête :

« Les secteurs porteurs d’emploi »

Lucides, 86 % des lycéens interrogés pensent qu’un métier porteur d’emploi est un métier qui offre des débouchés sans pour autant garantir la sécurité de l’emploi (46 %). Toujours selon eux, les secteurs d’activité dans lesquels se trouvent ces métiers porteurs d’emploi sont par ordre décroissant le BTP/Génie civil/Urbanisme (54%), les services à la personne (53%), Eaux/Déchets/Environnement (53%), Energie/Electricité (51%), Santé/Sciences Humaines (49%), Tourisme/Hôtellerie/Restauration (47%), Informatique (46%), Télécommunications (41%), Banque (39%), Communication/Audiovisuel (36%).

Le Service Public/Administration n’est plus perçu comme un domaine porteur d’emploi (seulement 19% des déclarants) et n’attire d’ailleurs plus les jeunes. Seuls 9% d’entre eux le considèrent comme un secteur d’intérêt. Pour l’essentiel, les secteurs d’activités cités ci-dessus réservent des perspectives d’évolution très favorables ou favorables selon les entreprises, à l’exception notable de la communication et de l’audiovisuel qui devrait stagner. Les secteurs porteurs d’emploi, voilà un point de définition sur lesquels tous les protagonistes s’accordent dans l’enquête.

Pourtant, aucun de ces secteurs d’activité porteurs d’emploi ne remporte le suffrage des jeunes. A titre d’exemple, Eaux/Déchets/Environnement et BTP n’attireraient respectivement que 7% et 9% des lycéens interrogés. Le décalage entre les futurs besoins des entreprises -et donc de l’économie- et les souhaits exprimés par les jeunes est très important. Les attentes respectives s’expriment en miroir inversé.

Plus net encore, les équipements industriels, les établissements de formation, le matériel de transport ou les matériaux de construction, secteurs d’activités où les entreprises se montrent le plus optimistes, n’intéressent que 2% ou 1% des jeunes interrogés !

« Faire le métier qui me plaît »

Lorsqu’on interroge les lycéens sur les secteurs d’activité vers lesquels ils seraient le moins tentés de s’orienter, arrivent en tête l’agriculture (24%), la chimie (10%), le BTP (7%), les services à la personne (6%) ou l’assurance (5%). Si les deux premiers secteurs devraient stagner selon les entreprises, les autres en revanche offrent des perspectives très favorables.
Les métiers porteurs d’emploi vers lesquels les jeunes seraient le plus tentés de s’orienter sont pratiquement exclus des grands secteurs de l’industrie traditionnelle. Arrivent en effet en tête ceux d’infirmier (34% des déclarants) puis ceux d’ingénieur (32%), de professeur/enseignant (20%) ou de commercial (19%). Enfin, celui de chef d’entreprise pour 17% des jeunes. A noter par ailleurs le métier d’ouvrier qui affiche un taux de 14%.

Les entreprises de leur côté identifient déjà des fonctions en fort développement dans les 5 années à venir parmi lesquelles celles de commercial (36%), développement durable/environnement (32%), marketing et commerce international (23 %), administration/finances/comptabilité (19%) ou juridique (10%).

Finalement, les lycéens et les entreprises se retrouvent sur un seul point : la fonction commerciale, considérée par les premiers, va se développer significativement selon les seconds.

« De l’image, de l’information… et un peu plus »

Pour 31% des entreprises interrogées, l’image d’un métier porteur d’emploi constitue un facteur clé dans le choix d’orientation des lycéens. Arrivent ensuite l’information (20%), les mauvaises conditions de travail (19%) et la rémunération (11%). Seules 4% pensent qu’il n’y a pas suffisamment de stages proposés dans les entreprises concernées. Mais pour les jeunes, c’est plutôt la rémunération qui arrive en tête des préoccupations (85%) suivie par l’intérêt pour le métier (77%) et les perspectives d’évolution (76%) puis les conditions de travail (76%). Là encore, les points de vues divergent. Interrogés plus précisément, moins d’un 1 jeune sur deux (41%) se détournerait d’un métier porteur au prétexte que son image serait dévalorisante.

Qu’est-ce qui explique une désertion des lycéens vers les métiers porteurs, pour l’essentiel situés dans les secteurs de l’industrie, alors que dans le même temps ils déclarent à 68% que le choix d’un métier porteur d’emploi est primordial dans leur orientation et leur parcours professionnel ?

Seul véritable dénominateur commun de l’enquête, entreprises et jeunes réclament plus d’information et de communication. Selon les jeunes, les stages (78%) et les forums (65%) sont essentiels pour accéder à la connaissance des métiers porteurs d’emploi. Les entreprises, quant à elle, placent la communication en tête de leurs suggestions (28%).

Ces efforts respectifs peuvent-ils réduire le fossé creusé entre les aspirations de la jeunesse et les besoins de nos entreprises ? Faire le métier qui me plaît plutôt qu’apprendre un métier de base semble être le mot d’ordre des jeunes… Dans ce contexte, comment favoriser la connaissance des métiers d’avenir et déclencher ainsi l’intérêt des jeunes vers les métiers porteurs d’emploi ?

Cet enjeu est fondamental puisque qu’il s’agit à terme de pourvoir des métiers qui seront de véritables relais de croissance pour notre pays.

Plus d’information sur le site de l’AJE

L’Association Jeunesse & Entreprises :

Association d’entreprises créée et présidée par Monsieur Yvon Gattaz, Jeunesse et Entreprises réalise depuis 22 ans des actions pour rapprocher les jeunes des entreprises et les entreprises des jeunes, avec le relais des enseignants et des parents d’élèves. Initiatrice de solutions innovantes, Jeunesse et Entreprises a pour principaux interlocuteurs les Ministères de l’Education Nationale et de l’Emploi.



1 Commentaire »

  1. Roche a dit

    Le 17 mai 2009 @ 20 h 57 min

    je ne suis pas d’accord avec toutes ces données ; pour le secteur qui me concerne (l’enseignement ) les places au concours sont dramatiquement faibles .

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