Nouveaux programmes scolaires, quelle mise en œuvre à la rentrée 2009/2010 ?

Deux réformes d’ampleur (primaire toutes disciplines en 2008 et classe de 6e en 2009) ont nécessité des manuels, papier et numériques, conformes aux nouveaux programmes pour leur mise en œuvre effective.
À la rentrée 2009, les éditeurs ont encore renforcé leur offre d’ouvrages multi-supports : plus de 300 manuels présentent une version numérique, dont 65 d’entre eux pour la classe de 6e.
Le bilan de cette rentrée conforte la nécessité de clarifier les responsabilités respectives entre les collectivités locales et l’État, afin que tous les élèves disposent d’une réelle égalité d’accès aux manuels, papier et numériques.

Au Primaire, un bilan alarmant
80% des écoliers du cycle III (CE2, CM1, CM2), soit 2 millions d’élèves, n’ont pas de manuels conformes
aux nouveaux programmes en français et en mathématiques
– L’étude d’équipement[1] menée par les éditeurs scolaires montre que 2 millions d’élèves sont dépourvus de livres à jour des programmes en français et en mathématiques. En effet, dans ces deux disciplines, en moyenne, seul 1 élève sur 5 dispose d’un ouvrage conforme. La situation est encore plus préoccupante en histoire, géographie et sciences, puisque moins de 10% des élèves sont équipés d’ouvrages conformes (près de 4 800 000 ouvrages manquent encore à l’appel). Or l’écrasante majorité des parents d’élèves souhaitent que leurs enfants disposent d’ouvrages conformes aux nouveaux programmes[2].
– La réforme engagée en 2008 s’applique simultanément dans toutes les disciplines et à tous les niveaux : elle requiert un investissement bien supérieur à ceux consentis lors des changements de programmes de ces vingt dernières années. Malgré les alertes des éditeurs et les efforts de nombreuses mairies, ces résultats alarmants pointent la nécessité de moyens spécifiques pour accompagner les réformes engagées et d’un dialogue entre l’État et les collectivités locales.
Ce constat de rentrée pose une fois de plus les questions de l’efficacité des réformes engagées et de l’équité territoriale.

Au Collège, tandis que le numérique frémit, le sous-équipement perdure
– En 6e, tous les élèves ont entre les mains un manuel d’histoire-géographie conforme aux nouveaux programmes.
En revanche, en français, un tiers d’entre eux, soit 240 000 élèves, ne disposent pas de manuel conforme, et la quasi-totalité des élèves de 6e n’ont pas de manuel de technologie conforme.
– En langues, le retard d’équipement se poursuit : en 3e, près d’un élève sur deux n’a pas de manuel conforme en anglais (soit près de 320 000 élèves), tandis qu’en 4e, un an après la mise en application des nouveaux programmes, c’est le cas pour près d’un élève sur cinq (soit environ 150 000 élèves).
Ces chiffres montent à quel point le montant de la « subvention globalisée aux EPLE[3] » inscrite dans la LOLF et sa répartition entre les différentes dépenses qu’elle couvre sont problématiques.
– L’usage des manuels numériques progresse à la rentrée 2009, grâce aux initiatives des conseils généraux et à l’expérimentation « Manuels numériques de 6e et ENT[4] » menée dans 65 collèges par le Ministère, en partenariat avec 21 départements. Dotée de crédits spécifiques pour 8 000 collégiens de 6e (environ 1% des effectifs), cette expérimentation représente 45% du total des équipements des 6e en manuels numériques. Si, dans ce dispositif, chaque collégien a accès à 4 manuels numériques, au niveau national, les autres élèves de 6e sont moins de 2% à avoir accès à un manuel numérique en français et moins de 3% en histoire-géographie (700 000 élèves n’avaient pas cet accès à la rentrée 2009).

Demain, une école numérique, à quelles conditions ?
Les équipements numériques sur le territoire relèvent souvent de l’implication individuelle d’élus locaux. À l’école primaire, les ressources numériques éducatives connaissent de très faibles usages, compte tenu du manque de matériel actuel. Toutefois, à la rentrée 2009, le plan « Écoles Numériques Rurales » en cours de déploiement constitue un signal encourageant pour le rattrapage du retard pris par la France dans ce domaine. Au collège, l’exemple de l’expérimentation « Manuels numériques de 6e et ENT » illustre quelques moyens efficaces pour rattraper le retard pris par la France dans ce domaine (21e position sur les 27 pays de l’U.E. en 2006[5]).
Le déploiement des usages du numérique dans tous les établissements du primaire au lycée requiert :
– des équipements significatifs (haut débit, ordinateurs, maintenance, etc.) ce qui nécessite une clarification des attributions respectives entre l’État et les collectivités au sujet de ces équipements ;
– une formation des enseignants à l’utilisation et à l’intégration de ces technologies dans leur enseignement et, quel que soit le degré de technicité de ses utilisateurs, le manuel numérique constitue le chemin d’accès le plus naturel vers les usages du numérique en classe.
– un financement spécifique et clairement identifié de l’acquisition des ressources pédagogiques.

Le bilan contrasté de cette rentrée 2009 impose d’examiner les conditions d’une réelle égalité d’accès aux contenus éducatifs numériques pour tous les élèves du territoire. Les éditeurs feront part de leur analyse et de leurs propositions auprès de la mission menée par M.Fourgous et de la commission sur le Grand Emprunt.

[1] Enquête SNE, chiffres à fin septembre 2009
[2] 80% des parents et 90% des parents de milieu modeste veulent des ouvrages conformes aux programmes. Étude SOFRES / Savoir Livre 2008
[3] Établissement Public Local d’Enseignement – LOLF : Projet de Loi de Finances 2010, Mission Enseignement scolaire, Programmes 139 et 141
[4] Espace Numérique de Travail
[5] « Use of computers and the internet in schools in Europe » 2006 – Commission européenne i2010

Plus d’informations sur le site de Savoir Livre : www.savoir-livre.asso.fr



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